Le lieu est fermé
Le Clap de Fin pour Bierbuik et Bisteack, l'Histoire d'un Engagement Local Face à l'Hypocrisie?
Salut à toi, gourmand et citoyen! Tu te souviens sûrement de l'effervescence autour de Bierbuik Béthune, l'estaminet qui nous faisait saliver avec sa cuisine flamande 100% locale, signée par le talentueux Florent Ladeyn, finaliste de Top Chef.
On y allait pour les frites maison, le potjevleesch, et cette ambiance conviviale qui sentait bon le terroir. C'était du "fast-food" oui, mais du fast-food avec une âme, des produits de qualité, et une vraie philosophie derrière. Et tu sais quoi? Mon test du lieu, il s'est avéré plus que satisfaisant (voir à la suite)!
Mais l'aventure n'a pas été un long fleuve tranquille. Florent Ladeyn l'a dit lui-même : l'ouverture de Bierbuik à Béthune a été "semée d'embûches". Des retards, des loyers impayés, un budget travaux qui a explosé… La situation était "compliquée" dès le départ.
Face à ces défis, Florent a décidé de se réinventer. En mars 2025, Bierbuik Béthune a tiré sa révérence pour laisser place à Bisteack, le tout premier "BBQ grill" du chef nordiste.
L'idée ?
Sublimer les meilleures viandes et même les légumes par la magie du feu de bois, tout en gardant les incontournables du Nord à la carte, comme la carbonnade ou le welsh. Une nouvelle formule, toujours locale, toujours de qualité, pour s'adapter et continuer à faire vibrer les papilles béthunoises.
Et pourtant… Bisteack a lui-même fermé ses portes. Le rideau est tombé définitivement sur cette adresse emblématique de la Grand Place de Béthune.
Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
Pour moi, et je suis sûr que tu es d'accord, ce n'est absolument pas l'échec de Florent Ladeyn. C'est plutôt l'hypocrisie de certains consommateurs. Ceux qui parlent de "consommer local", de "soutenir nos producteurs", mais qui, au final, ne font pas le moindre effort pour le faire.
Manger au Bierbuik, puis au Bisteack, ne demandait pas d'être un gastronome averti. C'était une cuisine accessible, avec des produits locaux et une qualité irréprochable.
Mais à Béthune, il semblerait que certains préfèrent les produits d'ailleurs, congelés et transformés en usine, plutôt que du bon et du fait maison. C'est triste, mais c'est la réalité.
Florent Ladeyn, lui, a pris la parole sur Facebook, et son message est un coup de poing. Il dénonce les "attaques perso, pro et autres bassesses" de ceux qui "parlent de sujets qu’ils ne connaissent pas" et se cachent "derrière leurs écrans". Il le dit sans détour : "Avant, seuls ceux qui savaient étaient écoutés ou lus, aujourd’hui on tire tout le monde vers le bas car n’importe quel béotien se fait passer pour un érudit".
Il rappelle sa passion : "Je suis cuisinier avant tout. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est créer, donner du plaisir, faire des services, être au contact des gens." Et il insiste sur le coût de son engagement : "Travailler comme je le fais, avec mes convictions – sur l’origine des produits, sur l’humain – ça a un coût, ça demande de l’énergie, de l’investissement." Il refuse les "collabs" et les "contrats à plus de 100 000 euros" pour rester fidèle à ses valeurs et à ses équipes.
Il évoque les "désagréments" initiaux de l'ouverture de Bierbuik : "deux ans de retard en payant les loyers, un maître d'ouvrage véreux qui a disparu dans la nature avant de déposer le bilan, une enveloppe travaux qui a explosé". Et il ajoute une dimension plus personnelle, une trahison, un vol, qui a rendu la situation "mathématiquement morte" malgré des restaurants qui "tournent". C'est pour cela, entre autres, que Béthune, c'est terminé. Mais ce qui le touche le plus, c'est l'affection pour son équipe.
Malgré tout, Florent ne lâche rien. "On ne nous met pas à terre, on approche parfois un genou du sol, mais on ne s’arrêtera pas à cause de ces profiteurs." Il le dit clairement : ils n'ont pas d'investisseurs derrière eux, "vous êtes nos business angels à chacune de vos visites chez nous." Et il conclut avec force : "on ne changera pour rien au monde le fait de bosser avec nos voisins, pour nos voisins, et que quitte à vivre, autant le faire à 1000 à l’heure, quitte à mourir, autant le faire libre."
Ce que tu dois retenir de cette histoire, c'est que manger et consommer, c'est un geste citoyen, c'est comme voter pour un choix de société. Chaque euro dépensé est un vote pour le type de monde que tu veux. En choisissant des produits locaux, des artisans passionnés comme Florent Ladeyn, tu soutiens une économie, des valeurs, et une vision de la gastronomie.
Alors, la prochaine fois que tu as faim, pense-y : où va ton vote?
Les Estaminets et Brewpub BierBuik de Florent Ladeyn, c'est une promenade touristique au cœur de notre patrimoine. Pourquoi aller au bout du monde pour des ingrédients alors qu'on a tout près ?
Mon article initial sur le Bierbik
Le top chef du top locavore
Agir localement ! C'est une économie régionale que le chef Ladeyn cherche à établir avec les producteurs locaux. Ce ne sont pas les désirs et les lois qui vont façonner les circuits courts. Si un éleveur peut aisément fournir du steak haché pour une cantine d'école primaire de 50 repas, cela devient irréalisable pour des établissements scolaires de plus de 500 repas. Donc, loin des discours vides des politiciens, il y a la réalité du marché et de l'approvisionnement, c'est ainsi que Florent a décidé d'organiser son propre circuit court pour proposer quelques choses toute l'année dans ses restaurants.
Florent Ladeyn est un cuisinier conscient, un défenseur du local, quelqu'un qui expérimente, qui se concentre sur l'humain. Dans un secteur en pénurie de main-d'œuvre, il a été l'un des premiers à proposer des semaines de quatre jours à ses employés, car la vie ne se résume pas au travail, sauf pour lui. Le chef Ladeyn possède les deux estaminets BierBuik, le premier à Lille et le second à Béthune, ainsi que le restaurant Bloempot à Lille et l'auberge familial du Vert Mont à Boeschepe dans la Flandre française. Il étend son empire petit à petit.
Mon avis sur BierBuik à Béthune
Comment ça se passe ?
Il y a une partie "Brasserie streetfood" ou Brewpub où l'on mange s'il reste de la place, et la partie "Restaurant estaminet" qu'on réserve pour être sûr de manger et profiter du menu surprise "gastronomique estaminet". Pour cela, il faut réserver en ligne et laisser un dépôt de 15€ par personne. Ne t'inquiète pas si tu préfères la carte de la "Brasserie Streetfood". Tu verras, on a mixé les styles.
Qu'avons-nous commandé ?
Une planche avec viandes et fromages, un menu enfant, des frites, un hot-dog fricadelle, un menu surprise, une limonade, des bières et une chicorée. C'était copieux, on n'a pas tout fini.
La planche ?
Mon fils adore la charcuterie. Il y avait saucisse sèche, coppa, Potjevlesch, mont des Cats, du pain... C'était délicieux.

Le hot-dog fricadelle ?
Je visais autre chose au départ, mais quand j'ai su que la fricadelle venait de Meteren, j'ai dû en reprendre.
C'était incomparable. Le pain était un peu dense, mais j'ai fini mon assiette.

Des frites !
Je n'ai pas pu finir mes frites, trop pleine de bière. C'est tentant avec la sauce maroilles et poudre d'oignons brûlés.

Le menu enfant ?
Un sirop de pop-corn, une assiette de frites avec 3 tenders de poulet et une mayo, une gaufre avec glace et caramel au beurre salé. Mon fils, méfiant des nuggets industriels, a été ravi de ces tenders. Il a demandé un sirop de menthe, mais s'est contenté d'un sirop de pop-corn, qui l'a moyennement convaincu. Nous avons trouvé ça intéressant, mais nous n'avons pas 8 ans. Du coup, on a pris une limonade.

Le menu surprise à 28€ ?
ENTRÉE: Poireaux vinaigrette, pois chiches frits, pickles de salicornes et plus.
Frais, légèrement acidulé, les pois chiches explosent en bouche.

PLAT: Ramen d'effiloché de bœuf, bouillon, œuf, choux, oignons, carottes râpées et autres.

DESSERT: Ganache de foin, meringue, glace et crème de nèfles.

De la bière...
La rosée des Flandres, La saison Laurier, et La cuvée des 10 ans...
Bref, une jolie balade en restant sur la chaise.

Pour finir, une chicorée !
Cohérents du début à la fin, on aime ou on déteste cette radicalité. Nous, on adore.
Chez Florent, oublie les gâteaux au chocolat, café, mangue ou banane, sauf si le climat permet de les cultiver ici.
La playlist n'est pas locale, mais on aime cette musique, donc pas de reproches. On sent leur plaisir à faire plaisir. Il paraît que l'amour naît derrière les fourneaux.
Je suis loin d'être un locavore à 100%, mais je fais de mon mieux, surtout pour la bière.
Bierbuik Béthune - Florent Ladeyn
10 Grand Place, 62400 Béthune
Site internet pour réserver https://bierbuik.fr/estaminet-et-brewpub/bethune (une empreinte bancaire de 15€ par convive)
Il existe également un Bierbuik sur Lille.
A Lire également
Florent Ladeyn avait tenté une collaboration avec l'estaminet Anosteké, elle n'a malheureusement pas durée. tu peux retrouver mon articile ci-dessous.
