Avec mon fils, on s’était chauffés. On s’était dit : « 104 mètres ? Même pas peur. On va se les faire à la force du mollet, façon Spartiates de la brique rouge. » Spoiler : l’héroïsme a ses limites, et ces limites portent un nom : l’ascenseur.
L’organisation : Le test de survie administratif
Dès le rez-de-chaussée, on sent que l'expérience va être particulière. On doit s’inscrire en bas, mais – attention, subtilité lilloise – on ne paye qu’au premier étage.
Résultat ? Tu te tapes les 100 premières marches juste pour avoir le droit de sortir ta carte bleue. C’est un concept marketing brillant : si tu survis aux premières marches, c’est que tu es assez motivé pour payer. C’est là aussi qu’on te propose des jumelles, sans doute pour repérer de loin ta dignité que tu t'apprêtes à abandonner.

Le moment de vérité : L’appel de la "Thug Life"
Arrivés au palier de l’ascenseur, on fait le calcul. Il reste 332 marches. On se regarde avec mon fils. On regarde l'escalier qui s'étire vers l'infini. On regarde les portes de l'ascenseur qui brillent comme les portes du paradis.
La décision est prise en une micro-seconde : on finit l’ascension en mode "Thug Life". On est montés comme des rois, sans verser une goutte de sueur supplémentaire, en regardant défiler les étages avec le sentiment délicieux de la triche assumée.

Le sommet : Entre zenitude et chaos parental
Une fois en haut, l’ambiance est... contrastée.
Il y a le gardien, véritable héros de l'ombre, qui livre un combat titanesque contre le sommeil. On sent que le doux ronronnement de la ville à 100 mètres de haut est une berceuse redoutable. Mais attention, l'œil reste vif ! Il doit simultanément gérer les "parents en mode pause" qui laissent leurs enfants courir en roue libre totale sur la galerie, comme s'ils étaient au parc de la Citadelle.

Face au vide (et à mes peurs)
Pour le grand sensible au vertige que je suis, le Beffroi a tout prévu :
- L’étage vitré : C'est le niveau "sécurité émotionnelle". Tu as la vue à 360°, mais avec une solide vitre entre toi et le grand plongeon. Idéal pour faire croire sur les photos que tu es un aventurier alors que ton cœur bat à 140.
- Le dernier étage (l'air libre) : Là, on ne rigole plus. C’est le boss final. J’ai pris sur moi, j'ai contrôlé mon vertige, et j’ai affronté le vent. Et franchement ? Ça valait le coup. La vue est incroyable.

🛠 Infos pratiques (pour ne pas finir en bas de l'escalier)
Si vous aussi vous voulez défier les lois de la gravité (ou celles de l'ascenseur), voici ce qu'il faut savoir en 2026 :
- 📍 Où ça ? Place Simon Vollant, à l'entrée de l'Hôtel de Ville. Il faut sonner à la grande porte en bois pour entrer (ça ajoute un petit côté "société secrète").
- ⏰ Quand ? Ouvert tous les jours (sauf jours fériés et braderie) de 10h à 13h et de 14h à 17h30.
- Attention : Les dernières montées se font 45 minutes avant la fermeture (12h15 et 16h45).
- 💳 Combien ? * 7,50 € sur place.
- 6 € si vous réservez en ligne (le prix de la sagesse).
- Gratuit pour les moins de 6 ans et les premiers mercredis du mois.
- 🎟 Réservation : Obligatoire pour le créneau de 10h. Pour le reste de la journée, vous pouvez tenter votre chance sans rendez-vous, selon les places dispo. Il y a une jauge de 46 personnes pour la sécurité.
- 🔭 Le petit plus : La location de jumelles est possible au 1er étage (là où on paye, rappelez-vous).
- 🚫 Accessibilité : Malheureusement, pas d'accès PMR car les 100 premières marches sont obligatoires avant d'atteindre l'ascenseur.
